La psychologie de l’habitat

«   Le chez-soi est notre cocon protecteur et touche à notre intimité. C’est l’univers de la famille et il reflète le sentiment que la vie est plus douce à l’intérieur.

Le seuil est un véritable lieu, comme une pièce de la maison. Depuis le seuil, l’intérieur de la maison se dévoile un peu, si la porte est ouverte. Le seuil invite à passer à l’intérieur de la maison mais permet au propriétaire d’en stopper le mouvement, pour qui l’on ne veut pas faire entrer.

L’entrée est un lieu de sociabilité et d’hospitalité. Si le visiteur est dans l’entrée, c’est qu’il occupe un peu plus le terrain, que le propriétaire a bien voulu lui concéder. Le propriétaire ressent une certaine confiance envers le visiteur pour le laisser pénétrer jusque là, sinon ce dernier resterait sur le seuil. Mais l’intérieur de la maison n’est pas encore acquis, car l’entrée est un sas de sécurité qui protège la maison et permet encore le filtrage. L’entrée est le lieu des rituels d’accueil, de politesse. Dans les pays nordiques ainsi que parfois chez nous en Suisse, l’entrée, appelée aussi le vestibule, est un sas non chauffé, juste avant la porte principale de la maison, et permet d’y laisser ses chaussures sales ou mouillées, ses vêtements chauds encombrants. L’entrée est aussi le lieu de l’offrande de visite.

Le salon est « LE » lieu de l’hospitalité. Le propriétaire choisit bien ce qu’il y expose, en l’aménageant avec le plus grand soin, en mettant l’accent sur le bonheur, en affichant de belles photos de couple, de famille, de vacances, d’aventures, d’événements heureux, en misant sur une ambiance réfléchie. Le but du salon est d’attirer le regard et les éloges du visiteur.

La cuisine a de multiples fonctions à l’heure actuelle. C’est le lieu où l’on fait à manger, banalement, de manière répétitive ou avec du plaisir. On y trie les aliments, on les transofrme et on les associe avec goût. On jette ce qui n’est pas consommable et on préserve la propreté du lieu. C’est un lieu de convivialité et d’hospitalité, où l’on prend les repas en famille ou entre amis, avec le plaisir d’être ensemble. Il n’y a pas si longtemps, la cuisine était séparée et fermée ; elle était peu exposée, comme des coulisses. De nos jours, on considère la cuisine comme une pièce à vivre. Dans sa cuisine, on a le plaisir d’être soi chez soi.

La salle de bain oscille entre pudeur et narcissisme… Dans l’histoire, la malpropreté était associée aux pauvres, tandis que la propreté à l’opulence, au pouvoir et à l’oisiveté. Aujourd’hui, une personne malpropre serait plutôt associée à un désordre social ou considérée comme faisant preuve d’incivilité. On se lave par respect pour soi-même et on est propre pour soi. La salle de bain est rêvée aménagée avec luxe et volupté. Elle est pourtant régulièrement peu spacieuse et borgne. Mais sa condition tend à s’améliorer, de plus en plus de logements neufs ou rénovés proposant deux salles de bain, dont une attenante à la chambre parentale. Narcissisme pour les nombreux miroirs et le soin que l’on prend à embellir son apparence chaque matin dans sa salle de bain ! Pudeur car c’est l’espace de l’intime, du secret du corps, de sa fragilité, protégés par la porte fermée. »

J’ai dû composer ce texte pour ma formation de Home organiser. J’aime particulièrement les paragraphes sur le seuil et l’entrée… tellement vrais, n’est-ce pas ?

Jan, 02, 2016

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